vendredi 7 août 2009

spécial SEXE

Puisqu’il faut que je veille à décupler la notoriété de ce modeste Blog, je me livre à cette petite « opération marketing » qui consiste à surfer sur la vague sexstivale revenant sur nos côtes, tous les ans, à cette même période de l’année.

Je pense que vous l’aurez aussi constaté, l’été, les températures montent, les tenues vestimentaires s’allègent et les mœurs de même, semble-t-il.

Non pas que nous vivions, le reste de l’an, pudibonds tels religieuses et prêtes (enfin, j’imagine et vous le souhaite), cependant, du 21 juin à la fin août, jusqu'à ce qu’on nous tourmente avec la rentrée scolaire, c’est clairement la saison du Sexe & Sun !

Premières manifestations dans les lectures de kiosques.

J’ai mes petites habitudes Presses, le mardi en général, où je me rends fiévreusement chez le distributeur le plus proche afin de constituer mon recueil hebdomadaire de lectures ne-meurt-pas-idiote-et-reste-connectée-au-monde.

En général, ça se passe de la sorte : j’entre dans la boutique, fuse vers le « rayon presse féminine », contemple les Unes bigarrées et illustrées d’héroïnes retouchées, me gausse 1 minute, 18 secondes et prends mon favori, toujours le même (je ne vous révèlerai point lequELLE …).

Ensuite, je me dirige vers le « rayon ciné, musique, culture », je scrute l’actualité susceptible de m’éveiller l’âme et aiguiser l’esprit, puis, après d’assez longues négociations avec moi-même ayant pour objet la lucidité du niveau d’informations que je serai apte à enregistrer la semaine s’annonçant, je me désole et fais mon choix.

Enfin, je me traine jusqu’au « rayon potins-programmes-télé », jette un œil, UNIQUEMENT par acquis de conscience, sur les gros titres des Voilou, Houlà, Farther, Nouba ou Privé, toujours dans le soucis de rester affranchie des événements essentiels de la planète, me re-gausse 2 minutes, 46 secondes et m’empare du programme câble et satellites le plus complet.

[Crochet : certains se feront la réflexion « Comment un être aussi fin, perspicace, sagace et spirituel que notre rubriqueuse peut-elle oublier de s’enrichir auprès de lectures politico-économico-socio-culturo-internationales ? ».
Je leur répondrais que l’enrichissement politico-économico-socio-machin que j’estime nécessaire, au niveau de ma modeste personne, je le gagne auprès d’émissions satiriques* qui m’épargne le temps et l’effort du décryptage de l’actualité et me font rire ! Et je ne perds jamais une occasion de rire, surtout des « choses sérieuses » du Monde … Fin de crochet].

Depuis la fin du mois de juin, j’ai la sensation de pénétrer (remarquez la figure de style à propos) chez le marchand de journaux comme dans l’antre d’un SexShop. Ca regorge (profonde – arf !) de gros titres colorés et lubriques « Spécial Sexe », « Etérotique », « Chaud dans le maillot», « Du sable partout, partout … ».

La « propagation » de ces titres, un tantinet racoleurs, contamine essentiellement la presse dite féminine. C’est une presse que j’affectionne autant que je peux déprécier.

M’est d’avis qu’il convient de développer une aptitude particulière à parcourir ces magasines tout en se donnant à un tri cérébral affuté.

J’y consacre, personnellement, plusieurs niveaux de lecture.

Le Niveau -1 où je détaille la couverture et décompte les retouches effectuées sur le personnage central (comme dans le jeu des 7 erreurs), feuillète vitesse éclaire, apprécie les photographies, fuis la multitude de réclames, survole les gros titres, parcours les articles de consistance « moyenne », fais ma curieuse sur le témoignage « C’est ma vie », me rue sur l’horoscope.

Le Niveau 0 où je me concentre sur l’éditorial, lis plus ou moins en diagonal l’interview de la star de la semaine, étudie les astuces modes et beauté, considère les recettes cuisine et déco, reste perplexe devant la rubrique psyco et certains conseils de développement personnel, développement à deux et développement des progénitures.

Le Niveau 1 correspond à une lecture de fond. Là, je m’isole et me concentre pour m’imprégner de mes passages favoris. J’aime la façon dont ces chroniqueurs parlent du combat des femmes un peu partout dans le monde, pour certaines au péril de leur vie, et leur rendent ainsi hommage en publiant quelques lignes, même si c’est entre la pub de la dernière crème comble-rides-profondes et du Hit-Bag-à-main-qui-coût-deux-bras.

J’aime les chroniques d’Alix Girod de l’Ain et de Sophie Fontanelle qui trempent leur plume dans une encre mêlée d’humour, de subtilité, de lucidité, de sensibilité et tendresse pour dépeindre notre quotidien ou événements mondains.

J’aime l’encart réservé à la littérature moderne et ses auteurs aux styles variés, nous rappelant que l’écriture est un art, la littérature (tout comme la musique) est souffle de vie.

Et je m’intéresse au dossier de la semaine.

La semaine dernière, donc, dans mon-magasine-préféré-de-moi, c’était SPECIAL SEXE, écrit en gros, en rouge sur la couverture.

Je m’en suis emparée furtivement chez le commerçant, me suis dirigée, l’air dégagé jusqu’à la caisse, l’ai consciencieusement roulé sous le bras, jusqu’à la maison.
Quoi ? Honte, moi ? Pfff … Que nenni ! Mais bien que femme libérée, et même libertine dans les situations à propos, il y a des « trucs » qu’on n’étale pas comme ça. Ce n’est pas une question de puritanisme aigu, c’est une histoire de charme à conserver.

Me voilà donc arrivée dans la fraîcheur de mon salon, la baie vitrée ouverte sur le jardin. Il fait une chaleur écrasante à l’extérieur et le chant des cigales est assourdissant. Il est 15 heures, l’heure des siestes, nus sous la moustiquaire et le ventilateur de plafond. J’ôte mes sandales et m’installe telle une chatte sur le canapé, me lovant entre les coussins. Je remonte ma longue chevelure qui me tient chaud. C’est à peine si je supporte le voile de coton de ma toute légère robe d’été. La chaleur du dehors commence à pénétrer la pièce, imprégner les murs. J’ai chaud. Des petits cheveux commencent à coller sur ma nuque. Je m’empare du verre d’eau glacée dont la condensation perle sur la table basse. J’utilise ces quelques gouttes d’eau pour rafraichir mes tempes, ma nuque, mon décolleté … C’est agréable et sensuel à la fois. Je me sens lasse et presque lascive.

Soudain, on sonne à la porte …


… N’est-il pas que je raconte bien ? Vous vous l’imaginiez parfaitement la scène, nan ? Je suis certaine que vous aviez même, de votre propre chef, flouter l’image et mis une petite bande-sonore-musique-d’ascenceur comme dans les films … « spécialisés ».

Allez, reprenez vos esprits pendant que je reprends mon récit dans un genre moins sextival (et désolée pour l’éventuelle frustration)…

… A la porte, c’est la voisine qui a encore perdu son chien-à-trois pattes. Je lui confirme que je n’ai point croisé son curieux animal, l’éconduis le plus rapidement possible et retourne à mon inoccupation.

Je profite de ce moment paisible pour étudier Le dossier. Après tout, tout cela est d’une logique !
Après le spécial maigrir du mois de mars, le spécial mode du mois d’avril, le spécial beauté du mois de mai, toute bonne lectrice ayant appliqué, à la ligne, les précieux conseils prodigués se retrouvent normalement, à cette période de l’année svelte, ferme et tonique, la chevelure flamboyante et sauvageonne à la fois, l’œil de biche, la peau douce, soyeuse et délicatement parfumée, le pore impeccable, le pied lisse et pédicuré, le tout « emballé » dans des tenues au goût, à l’esthétique et à la in’itude irréprochables.

Y a plus qu’à, les filles !

Mais après moult années d’exercices de lecture de dossiers-spécial-sexe, il est rare que quelque chose me surprenne, me séduise ou me révèle dans les propos. Croyez-moi, l’innovation revendiquée dans ces articles, en matière de sexe, je trouve qu’on en a vite fait le tour.

Les témoignages, rubriques de psy-sexologues, conseils de mises en condition font défaut d’originalité. Et puis donner des modes d’emploi, notices techniques pour ce qui devrait « laisser le charme agir » … Bof !

Morceaux choisis : « Et si on osait les lieux publics ? », « A trois, à quatre, plus on est de fous », « Au coup de gong, on change de partenaire ! », « 20 ans de plus, 20 ans de moins, élargissez votre champ d’action », « Assis, debout, à l’envers, en oblique, le plaisir dans toutes les positions », « Conseils shopping chez Toy’s R Naughty », « Idée cadeau, le clito-GPS », « Le Kamasutra pour les nuls », « Le pluri-orgasme, légende urbaine ou réalité ? » …

Pour le glamour, pour le sexy, pour l’érotisme, on repassera.

En annexe au Dossier, la chaude ligne éditoriale du numéro SPECIAL SEXE (jeu de l’été : retrouvez tous les termes comprenant les lettres SEX dans cet article) se répand aux autres rubriques.

Ainsi, le gentil témoignage « C’est ma vie » prend des allures de nouvelle érotique traitant les récurant sujets de la tentation de l’expérience lesbienne, ou la galipette furtive avec le jeune et si bien-fait plagiste ou encore l’expérience pluri-partenaires après un apéritif-piscine-entre-amis bien arrosé (mais alors dans tous les sens du terme).

Ainsi, la rubrique recettes de cuisine mentionnent des préparations à base de gingembre, piment, cardamome et autres épices aphrodisiaques.
Ainsi l’horoscope vous met en garde : cette semaine, VOUS allez faire l’expérience charnelle de votre vie et découvrir des horizons de jouissances jusqu’ici insoupçonnés … Oh-my-Dog !

Je reconnais, il est aisé de « critiquer ».

Je voulais simplement mettre en évidence une chose suite aux observations grivoises et narquoises de spécimens masculins au sujet de mon hebdomadaire féminin : les femmes ne sont ni « ignares » ni « obsédées ». S’il existe ce genre de lecture destinée, officiellement, à la gente féminine, c’est principalement pour que, la petite liasse de papier, négligemment délaissée sur l’accoudoir d’un canapé, le gros titre bien en vue, tombe entre des mains de mâles, sans aucun doute, expertes mais désireux de restés informés.

J’espère que vous aurez pris PLAISIR à la lecture de ces quelques lignes. Je ne me rends pas bien compte si le sujet m’a rendue plus bavarde que d’habitude. Cet article est-il plus ou moins long que les autres ? Parce qu’il parait que quand c’est long, c’est bon.

Aucune importance, de toute façon, ce n’est pas la taille qui compte.


PS : Quelques références actuelles pour passer un voluptueux été :

- Littérature : « Ce que les hommes ne savent pas, Le sexe vu par les femmes »
-> Auteur (entre autres) Lucia Etxebarria – Ed. Héloïse d’Ormesson

- Musique : Compil Sextape (CD 3 Volumes)
-> concoctée par les Inrockuptibles



*http://www.thedailyshow.com

samedi 4 juillet 2009

MECANIQUE des filles

D’aussi loin que je me souvienne, dès ma plus tendre enfance (cela ne fait donc pas si longtemps puisque je suis encore jeune et fraîche) ma mère, ardente féministe militante des seventies, me tenait un discours presque désolé sur le fait que je sois une fille.

Elle, elle aurait préféré naître garçon. Outre l’évident avantage de pouvoir faire pipi debout et où l’on veut (suis confuse mais c’est l’argument récurent des mâles bien contents de l’être), elle mettait en avant le difficile et réel combat quotidien pour un femme de s’épanouir dans un man’s man’s world*.

Et même si j’ai assez tôt pu constater, constate toujours, si ce n’est de plus en plus, qu’elle avait raison, même s’il n’est pas une semaine qui se passe sans que je ressente un sentiment de grande injustice, telle une Calimerotte se débattant entre ses obligations féminines personnelles et professionnelles, même si j’ai quelques fois l’âme revancharde envers une société qui ne veut pas voir, admettre toutes les concessions qu’une femme est obligée de faire pour exister dans ce monde … Et bien je suis très contente d’être une fille.

Que mes lectrices se rassurent, je n’ai point vendu mon âme.
Que mes lecteurs ne s’enorgueillissent pas trop vite, je n’ai point baissé les armes.

On peut envier à un homme, certes beaucoup de choses comme la petite liste ci-dessous inspirée d’une mail-joke reçue tantôt :

- son horloge biologique ne sonnera pas les douze coups de minuit de si tôt ;
- son physique et son âge de reproduction ne sont pas des facteurs déterminants dans les entretiens d'embauche ;
- pour le même travail il gagne plus d’argent et de reconnaissance ;
- il ne sera pas forcément qualifié d’indigne s’il ne joue pas son rôle de père à la virgule prêt ;
- des vacances d'une semaine ne lui requièrent qu’une seule valise, voire un sac de sport l’été ;
- ses sous-vêtements ne coûtent pas un bras ;
- les garagistes ne lui mentent pas ;
- il connaît 20 façons d’ouvrir une bière ;
Etc, etc …

En revanche, je ne lui envie pas ce manque de sensibilité, qui, il me semble, le fait passer à côté de beaucoup de choses essentielles d’une vie. C’est peut-être cette même « carence » qui fera qu’il ne comprendra pas ce que je veux dire. C’est sans doute cette même « déficience » qui fera qu’il ne saisira pas toutes les subtilités du caractère féminin.

Je m’adresse ici à ces pauvres créatures égarées du « Sexe Fort », trop souvent décontenancées devant les réactions « insolites » du « Sexe Faible ».
Vous savez, amis hommes, quand vous vous dites que les femmes sont compliquées, torturées, indécises, pénibles et râleuses ?
Non, une femme c’est au contraire la plus simple des mécaniques lorsque on trouve le mode d’emploi et qu’on y met de l’huile régulièrement (ceci est une métaphore, il n’y a aucun caractère sexuel dans cette phrase _ ndlr).
J’emploie volontairement ce qui peut sembler une vulgaire comparaison automobile, j’ai idée que cela pourrait parler plus aisément à nos chers « semblables opposés ».

Alors je vous vois venir avec votre air goguenard et vos formules stéréotypées du style : « on sait, on sait, quand une fille dit non, c’est qu’elle pense oui » ou « on peut faire tout ce qu’elle désire elle ne sera jamais contente ».

Laissez-moi nuancer quelques clichés :

Une fille n’est pas compliquée, elle est subtile.
Une fille n’est pas torturée, elle est concernée par ceux et ce qui l’entourent.
Une fille n’est pas indécise, elle est ouverte et large d’esprit.
Une fille n’est pas pénible, elle lutte contre l’ennui.
Une fille n’est pas râleuse, elle s’exprime.

Une femme a une sensibilité à fleur de peau qu’elle doit gérer au quotidien, quelque soit son environnement. Une fragilité au sens délicat du terme. Et ce n’est pas une sinécure la gestion de toutes ces émotions qui montent en nous, souvent inopinément, comme une grosse contrariété due à une parole malencontreuse, une satisfaction démesurée pour un geste banal mais emprunt d’une toute petite marque d’attention, ou un énorme doute qui nous envahit suite à une question anodine …

Je ne souhaite certainement pas parler au nom de toutes mes « Sœurs » [tout le monde a d’ailleurs un droit de réponse par la rédaction de commentaires sur le blog], mais il me semble, quelque soit notre caractère et nos différences dans la manière de recevoir et gérer nos émotions, que nous sommes en proie à un phénomène assez commun de « réceptivité aigue ».

NB : Je voudrais éclaircir un point de confusion linguistique récurrent et fâcheux : "sensibilité" n’est pas synonyme de "susceptibilité" !
Merci

Je m’interroge maintenant de la sorte : comment se fait-il qu’un homme, à défaut de le comprendre, ne le perçoive pas, à tout le moins ?

Je me rappelle ce film « Ce que veulent les femmes » dans lequel Mel Gibson, parfait macho à peine conscient du ridicule de sa nature, se trouve soudain doté du pouvoir d’entendre les pensées des femmes qu’ils croisent. Il devient le Maître du Monde, le gars ! Il se rend compte combien c’est facile de nous cerner et du coup nous séduire, nous mettre en confiance et certainement mieux nous aimer.

Evidemment, ce super-pouvoir super-pratique de lire les pensées (personnellement, à choisir, j’opterai pour la téléportation, mais c’est un autre débat) n’est que fiction.
Et malgré ma nature de « fille en forme de fée** », je ne peux doter mes congénères masculins de cette étonnante faculté.

Je peux, en revanche vous donner quelques « tuyaux » pour faire mouche, pratiquement à chaque fois.

Exemples :

- Repérez systématiquement comment elle prend son café / thé (allongé, lait, sucres, sucrettes ?) et servez-le lui juste comme elle l’aime quelques temps plus tard.
- Lors d'une promenade ou autre cheminement à deux, ne lui tirez pas sur le bras avec enthousiasme pour lui faire partager votre plaisir à la vue d’une Porshe, Ferrari, BMW … (Pour ceux qui s’extasient de la même manière sur d’autres filles, je pense qu’il n’y a plus d’espoir).
- Oui, elle aime les surprises. Non, elle n'apprécie pas l’imprévu (sans vouloir vous blesser, à part dans les films, les hommes ne s’en sortent en général pas très bien avec l’imprévu).
- Regardez-là. Juste regardez-là, souriez … Et ne dites rien (surtout sur ses tenues vestimentaires). C’est l’air sexy et mystérieux assuré et l’assurance d’éviter la bourde verbale (une autre de vos spécialités).
- Prenez le temps de vous intéresser à son univers (ce qui l'enthousiasme, ce qui l'émeut, ce qui la transporte) et tentez de percevoir un peu le monde à travers son prisme; sortez, quelques instants de votre angle de vue.
- Lorsqu’elle s’adresse à vous, écoutez-là et regardez là. Les yeux sur elle et pas rivés sur la télé, sur le journal, ou l’écran de votre ordinateur. Ne coupez pas ses phrases, tendez l’oreille jusqu’au bout. Donnez l’impression qu’elle a toute votre attention (à défaut de toujours pouvoir vous concentrez sur ses bavardages).

L’attention est la clé. Pour la séduire, lui plaire, elle doit ressentir cette attention.

Ne confondons cependant pas attention et attentions. Parce qu’il n’est pas question de lui offrir des fleurs, des bijoux ou des chocolats mais la sensation qu’elle est intéressante, voire précieuse à vos yeux.

Exercice :

Juste pour de faux, de temps à autres mais régulièrement, faites comme si vous étiez sur le point de la perdre. Vous vous sentirez alors guider par un instinct plutôt inhabituel mais terriblement efficace d’attention et de prévenance, armes redoutables de séduction comme il vous l’a été exposé ci-dessus.
Cela peut également vous servir à mesurer à quel point vous tenez à elle. « You don't know what you got till it's gone***. »

Une fille, c’est une compagne, une mère, une sœur, une amie. Quelqu’un de proche qui vous connaît bien.

Vous ne savez pas comment elle fait pour vous connaître à ce point. Elle sait deviner quand vous n’allez pas très bien, de la légère contrariété à la plus grande tristesse que vous pensez pourtant réussir à dissimuler. Il est d’ailleurs rare que vous puissiez lui cacher ce que vous ressentez. Elle vous connaît amer. Elle vous connaît en colère. Elle vous connaît préoccupé. C’est comme si elle lisait en vous, comme si son regard dans le votre déchiffrait vos pensées.
Elle n’a pourtant pas de secret ni de pouvoir surnaturel, mais depuis qu’elle vous côtoie, fréquente, vis avec vous, elle vous observe, elle vous « ressent », elle a repéré, souvent inconsciemment, vos manies, vos habitudes, certains réflexes comportementaux.
Elle s’est intéressée à vous dans l’absoluité de votre être. Elle était attentive, oui, elle a fait preuve d’une grande attention.

Une fille, c’est finalement une mécanique du cœur. Et écoutez, c’est votre cœur qui bat et vous n’y prêtez même pas attention…


* James Brown
** Dionysos
* **Cinderella

samedi 30 mai 2009

FORMULAIRE

Qu’il est joli le mois de mai avec le printemps bien installé aux avant-goûts d’été, les fenêtres ouvertes dans la maison, les soirées où on commence à s’attarder dans le jardin, les jours fériés à foison qui permettent l’organisation de week-end en pont, voire en viaduc, la déclaration d’impôt sur le revenu …

Je m’y prends toujours au dernier moment tant ça me rebute et me débecte.
Ce n’est pas vraiment le fond de la question qui me dérange, restant optimistement convaincue de l’utilité de cette chose publique [res publica pour les latinistes – sur ce blog vous vous cultiverez ou pas].

Non, j’ai plutôt un problème avec la forme de ce devoir annuel.
Impossible de me concentrer sur ce type de formulaire. Quand je me retrouve avec ce genre de document sous les yeux, mon esprit prend immédiatement la tangente, tel celui de l’écolier pendant le cours d’arithmétique ou le lycéen au bout de 18 minutes de cours de Philo.

Cette digression [je vous avais prévenus] me fait repenser à mon premier amoureux-pour-de-vrai. Avouez que c’est plus sympa que le formulaire bleu.

Il se prénommait Laurent. Nous étions en CM2 et avions donc 11 ans, 11 ans et demi (à cet âge-là, les « demi » c’est super important).

Mon cœur de petite fille était en émoi et tous les jours j’avais hâte que sonne l’heure de la récréation pour retrouver Laurent et jouer à la « déli-délo » (jeu où les filles attrapent les garçons puis c’est aux garçons d’attraper les filles) ; ou à « chat-bisou », (stade supérieur de la méli-mélo où les filles attrapent les garçons et leur volent un baiser puis c’est aux garçons d’attraper les filles, etc, etc …).
Musset appelait cela badiner, les d’jeunes d’aujourd’hui diraient « pécho ».

Mais voilà. Une fille, même à seulement 11 ans et demi, aime que tout soit clair dans une relation.
J’imagine que je devais penser, à l’époque que tous ces petits jeux étaient bien gentils mais qu’il fallait peut-être officialiser notre liaison.

Parce que tout de même, j’étais très heureuse quand Laurent m’avait choisie au moment de se tenir-la-main-par-deux à la sortie du Planétarium et qu’il s’était assis à côté de moi dans le car, mais le fait que Christina le prenne systématiquement comme cible à chat-bisou commençait à me chauffer les couettes.

Aussi pragmatique qu’une fille puisse l’être en amour, je décidai de prendre la situation en main et de mettre Laurent au pied du mur-du-1-2-3-soleil.
Je préparai, avec le plus grand soin un petit mot que je demandai à Virginie de lui remettre.
De mon écriture enfantine et fébrile, j’y avais inscrit, le cœur ou bout des doigts, la question suivante : « Est-ce que tu m’aimes ?».

La remise du précieux message avait eu lieu juste avant le cours d’informatique durant lequel j’avais, du coup, été incapable de me concentrer, tout comme Virginie.
Dès la sortie dudit cours, Laurent, assumant totalement ses responsabilités de petit amoureux du CM2, demanda a Alexis, de remettre à Virginie pour qu’elle me le transmettre, l’inestimable petit mot sur lequel il avait inscrit sa réponse.

Je me souviens que, malgré la pression exercée par Virginie pour en connaître tout de suite le contenu, sinon elle ne serait plus ma meilleure copine, j’avais tenu jusqu’à l’heure de la sortie, tout le chemin de l’école jusqu’à mon immeuble, les 4 étages jusqu’à l’appartement, tout l’épisode où Princesse Sarah met une grosse honte à Lavinia tout en restant angélique, avant de me réfugier dans ma chambre pour découvrir la réponse de mon aimé.

C’est un souvenir chargé d’émotions, les premiers papillons dans le ventre, vertiges et fourmillements … J’avais encore l’âme rêveuse et le monde en fond pastel quand je dépliai délicatement le petit bout de papier usé par les remises entre petites-mains-propres.

Je déchiffrai l’écriture malhabile et attendrissante de l’objet de mon affection : « Je ne sais pas ».

Je suis restée de longues minutes interloquée.

Puis rapidement, mon caractère de … fille a repris le dessus.
Comment ça « il ne sait pas » ?! Il m’aime ou il ne m’aime pas, POINT ! C’est quoi cette réponse trop nulle, de … garçon !

Constatez comment l’innocence enfantine est touchante.
Oui, oui, je m’attendris sur moi-même, cette petite fille au cœur troublé qui ne parvient pas encore à discerner les véritables aspects de la situation, comme le comportement typiquement masculin de ne pas se mouiller pour garder sa liberté ou une option sur la jeune personne au cas où cela ne marcherait pas avec une autre.

Aaaaaaaaaaaaaaah ! C’est si pur un enfant.

En tous cas, après cet épisode, j’ai rompu dès le lendemain avec Laurent. Il était évident que notre histoire était vouée à l’échec s’il était incapable d’être honnête envers moi et lui-même, pauvre petit homme.

Les jours suivants ont été assez sordides, surtout quand je suis tombée sur Laurent et Virginie en train de s’embrasser dans les toilettes de l’école … Y avait même pas de partie de chat-bisou de lancée !

L’année suivante, je rentrai en 6ème, au coll-è-ge !
C’est violent comme bouleversement dans la vie d’un enfant la rentrée au co-llè-ge.
Evidemment, il y a les nouvelles matières, la multitude soudaine de professeurs, de salles de classes, d’horaires … Bon, tout ça on s’en moque.

Parce qu’il y a surtout le changement de climat social. Il était bien gentil, à côté, le microcosme de l’école primaire.
Bienvenue dans le bain du coll-è-ge où les poissons rouges sont déguisés en piranhas (c’est certainement la prolifération des affreux appareils dentaires de l’époque qui m’ont laissé cette métaphore en tête).

Passons sur les changements de code, les concours vestimentaires, les listes de classement de la plus belle fille de la classe à la plus moche, du garçon le meilleur en sport au plus nul, des premières boums et des premières trahisons élaborées …
Moi, éternelle romantique au milieu de toute cette guérilla quotidienne, avais jeté mon "très-voulu" sur Youri.

Comme il était mignon Youri avec ses grands yeux verts et ses tâches de rousseur … Et puis nous étions si complices en cours de biologie.

Cette fois encore, il me fallu une preuve tangible que mon ardeur était partagée.

Mais attention, déjà consciente de mes erreurs passées qui servent de leçon pour quand on est plus grand, je pris mes précautions.

Cette fois-ci, sur le petit bout de papier, j’ai non seulement transcrit la question fatidique « Est-ce que tu m’aimes ?», mais j’y ai également prévu des cases à cocher avec les mentions OUI ou NON inscrites sous chacune d’elle.
J’avais même ajouté la précision « cocher dans la case de la réponse souhaitée ». J’étais pa-rée.

La réponse de Youri fut rapide et claire : il cocha dans la case NON.

Pour être fixée, je fus fixée et de nouveau le palpitant en miettes.
Je regrettai même le « je ne sais pas » du Laurent-mon-amoureux-du-CM2.

Depuis, je souffre d’un mal singulier : une sorte d’allergie aux formulaires, qui peut passer du léger inconfort au quasi-urticaire lorsque le questionnaire se pare de cases à cocher ou de réponses par oui ou par non à donner.

Quand je le peux et que cela ne risque pas de mettre en péril toute l’organisation de l’Administration Française [jeu : il y a un mot intrus dans cette phrase], je me divertis en répondant des « ça dépend » qui dépassent, bien évidemment, en hommage à Zézette* ou des « je ne sais pas », en hommage à Laurent.

* Le Père Noël est une ordure

jeudi 14 mai 2009

Assistante

« Que fais-tu dans la vie ? »

Dernièrement, j’ai été « confrontée » à cette question dont le ton anodin avec lequel elle est généralement posée m’a toujours espantée*
* mot appartenant au jargon d’une région du Sud –Est de la France, qu’on peut traduire par « ébahie », « consternée », « stupéfaite », « éberluée » … ce genre de mot très fort, voyez ?

Parce qu’interroger quelqu’un de la sorte ce n’est, l’air de rien, pas uniquement se renseigner sur son activité professionnelle.

Déjà, tout le monde n’a pas d’activité professionnelle. Alors, dans ce cas précis, on répond quoi ? « Rien » ? Ce serait ahurissant (ou espantant - cf. note plus haut).

La réponse qui, à mon sens, constitue le plus gros non-sens est celle d’une mère au foyer :
« Rien … Je m’occupe juste de lever, baigner, habiller, nourrir et emmener les enfants à l’école, puis aller les chercher, puis les emmener chez les divers médecins ou à leurs activités. Oui, bon, c’est vrai, je m’occupe également du ménage, des courses, de la cuisine, des factures, de l’organisation des planning des vacances et autres évènements … Mais à part ça, je ne fais rien ».

D’autres fois, sur ce ton décalé qui m’est cher, j’ai déclamé les réponses suivantes :
- « le mieux que je peux » ;
- « je danse, j’adooooooooooore danser » ;
- « le maximum de trucs avant d’être dans la mort ».
- « je me lève et je le bouscule, il ne se réveille pas … » ;

Evidemment cela ne mène en généralement nulle part sauf au visage décontenancé de mon interlocuteur.

La dernière fois, je suis donc revenue à une réponse plus « classique » et ai lancée, un peu désabusée :
« Assistante ».

Immédiatement, la curiosité de mon partenaire de conversation [n’ai pas trouvé mieux comme synonyme d’interlocuteur pour éviter les répétitions] a renchéri :

« Assistante quoi ? Assistante sociale ? Assistante de Direction ? Assistante de Vie ? »

Je me suis rapidement prise à ce petit jeu et ai cherché sur le site Pole Emploi (nouveau titre ronflant pour l’usée ANPE) les différents types d’assistantes qui existent sur le marché professionnel.

Il m’est alors sauté à la prunelle que beaucoup, beaucoup pouvaient coller et parmi les plus savoureuses, j’ai choisi :

Assistante Comptable, parce qu’il faut bien gérer les finances du foyer.

Assistante d’Ingénieur, parce que je TRAVAILLE avec des ingénieurs et VIS avec un ingénieur (merci pour votre compassion).

Assistante Décoratrice, parce que si je laisse faire Mon ingénieur, nous vivrions dans un repère de « Nerd ».

Assistante de Communication, parce qu’aussi bien au travail qu’à la maison, je fais l’interface de la parole, la médiatrice des conflits, la températrice des émotions. Ça, c’est finalement la partie immergée de l’Iceberg de mes fonctions.

Assistante de Développement, parce que je veille à ce que la boîte dans laquelle je bosse ne tourne pas en rond, autant que je veille à ce que mes enfants ne grandissent pas de travers.

Assistante Manageuse, parce qu’aussi bien au foyer qu’au bureau, être ensemble est un travail d’équipe.

Assistante Juridique, cf. gestion des conflits

Assistante Concierge, parce que je participe à la bonne propagation des gentils et amusants (uniquement) ragots de ma société et de mon réseau amical.

Assistante de Travaux, même si Mon ingénieur transpire à grosses gouttes chaque fois qu’il me voit traverser la pièce avec un marteau (mais ça marche, parce qu’en général et du coup, il réalise lesdits travaux en suspens depuis des mois, sur le champ ! Ça et le chantage sexuel, je n’ai point trouvé plus efficace).

Assistante de Jeunesse et d’Education, parce que c’est un rôle obligatoire quand on a un jour pris la décision le sourire aux lèvres, l’âme rêveuse et les étoiles dans les yeux d’avoir un bébé (puis un petit capricieux, puis un ado rebelle, puis un jeune homme de 27 ans résidant toujours dans la chambre-d’enfant-qu’on-rêve-en-atelier).

Assistante pour la prévention et l’accompagnement des personnes touchées par l’alcoolisme et la drogue , parce que qui a déjà eu un proche alcoolique ou drogué n’est pas seulement concerné ; la chasse au « oinj » peut-être lancée bien plus tôt que vous ne le pensez dans vos foyers.

Assistante informatique et bureautique, parce quand il n’y a pas d’informaticien compétent sur votre lieu de travail c’est bibi la débrouille qui passe sont temps sur les hotline, les call-centers, les forum-informatiques ou le nez dans les manuels techniques des appareils de votre boîtes. Il m’est aussi arrivé de minauder avec un prestataire extérieur pour qu’il me reboote la machine à moindre coût [relisez : il n’y a aucun caractère sexuel dans cette phrase].

Assistante technique de conduite et de maintenance d’installations automatisées en sucrerie, parce qu’il a bien fallu finir par planquer la réserve de bonbons de la maison sur la plus haute étagère pour avoir la paix.

Assistante coiffeuse, maquilleuse et costumière (spectacles), parce que l’école de charmante bambine a réclamé un costume d’hippocampe pour le spectacle de fin d’année. Vive la création artistique dans l’éducation nationale.

Assistante d’entretien, est-il vraiment besoin que je précise ? …

Toutes ces compétences réunies en une seule et même personne … Et cette personne c’est moi ! Whoua !

Cependant, comment se fait-il que la fierté ne me monte-t-elle pas à la tête et que mes chevilles ne fassent-elles pas exploser mes bottes ?

Parce que soudainement, je réalise : rien de très glorieux à tout cela, pour la simple et bonne raison que si être Assistante cela sous-entend seconder une, voire plusieurs autres personnes dans la même fonction, quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi, si souvent, je me se sens bien seule face à la tâche ?

samedi 2 mai 2009

Crises

Il y a la grande Crise économique, annoncée comme un Fléau (ou un Messie, c’est selon) financier par les autorités mondiales et dont le tapage médiatique incessant ne me donne aucune envie de disserter.

C’est pourtant bien de crises dont il sera ici question. Mais de crises d’âges et de comportement. Vous ne voyez pas ? Mais si !
Tenez, le fameux « Oh celui-là, il nous fait une bonne crise de la quarantaine ! » ou encore « C’est la crise de l’adolescence, faut que ça passe ».

Lorsqu’on a assez de recul et d’humour pour se pencher sur la question, on s’aperçoit que ces moments critiques sont largement partagés par nos congénères, de façon plus ou moins prononcée, mais bien là tout de même.

C’est un peu comme l’acné à l’adolescence, la culotte de cheval qui s’installe après 35 ans, la vue qui baisse quand on se dirige vers la cinquantaine … Rares sont ceux qui y échappent et ce malgré le Biactol, les crèmes Elancyl ou les folies d’Afflelou.

Et cela commence dès l’âge le plus tendre.

La crise des 2 ans ou la fameuse période du NON ! On a rarement vu un phénomène qui touche un enfant en bas-âge reconnu à l’unanimité par tout son entourage (les parents, les grands-parents, les pédiatres, les pédio-psychiatres, les voisins …), tant il est flagrant.
Et tellement soudain !
Un soir, vous couchez charmant bambin avec la tendresse d’une mère reconnaissante et fière de cet enfant si docile et adorable. La nuit passe et vous avez eu juste le temps de vous dire que vous devez être une championne de l’éducation et allez de ce pas écrire un manifeste qui sauvera toutes les mères stressées de la planète, que le bambin se réveille … Différent.

« - Bonjour mon petit cœur, ça va ?
- NON
- Oh prunelle de mes deux yeux n’a pas bien dormi ! Tu veux déjeuner ?
- NON
- Alors viens mon adoré, on va faire un câlin.
- NON
- Oh il est contrarié mon ange en sucre ! Je vais t’habiller.
- NON
- Ecoute douce chair de ma chair, il va falloir un peu y mettre du tien
- NON
… »

Et voilà comment toute la durée de la crise ci-dessus décrite, vous allez vous retrouver avec le fruit de vos entrailles, transporté sous le bras avec autant d’égard que pour un ingrat sac à patates hurlant et gesticulant parce qu’après moult négociations :
NON il ne restera pas dans le caddie.
NOOOON il ne voudra pas partir du parc.
NON NON NON il ne voudra pas rentrer dans la voiture puis sortir de la voiture !


Continuons quelques années plus tard : la crise de l’adolescence ou la fameuse période du « tous trop cons, peuvent pas comprendre ».

Il y a longtemps que charmant bambin n’est plus bambin, ni charmant non plus.
Et dire que vous trouviez qu’il était toujours dans vos pattes à parler sans cesse !
Aujourd’hui, vous regretteriez presque ce harcèlement psychologique digne des plus grandes techniques de torture de guerre.
Parce qu’aujourd’hui, votre progéniture arpente les couloirs de la maisons tel un fantôme, laissant quelques indices de sa présence entre la panière de linge sale et le plan de travail de la cuisine.
On a même remis la télé durant les repas familiaux tant son silence est pesant. Et pourtant ce morne individu en face de votre assiette, c’est bien le même que vous avez entendu hurlant sur du rock gothique dans sa chambre ou jacassant et gloussant sur son mobile-forfait-bloqué (heureusement d’ailleurs) ou encore déménageant les meubles de sa chambre ou se lançant dans une improbable construction géante (faudra vraiment que vous vérifiez).
Quant à tenter de partager son univers, vous avez laissé tomber, épuisé de tenter de déchiffrer les codes-langage-jeunes du moment, complètement hermétique à la musicalité et aux textes des « chanteurs » qu’il affectionne. Quant aux philosophes qu’il s’est mis à lire récemment … Vous, vous dormiez en cours de philo, alors.
De toute façon, le problème de communication parent-enfant d’alors est très fort : vous, vous ne vous souvenez plus très bien comment vous êtes aussi passé par-là et lui, il est persuadé qu’il ne finira pas comme vous.


Souvent, la crise de l’adolescence dure bien plus que ce qu’on veut bien se l’avouer (surtout, chez les garçon, question d’hormones, m’est d’avis). C’est donc pour cela que je passerai sur une crise de la vingtaine, souvent due à des résidus de l’âge pré-pubère.

A partir de 30 ans, il me semble que les crises existentielles se vivent différemment chez les femmes et les hommes.
Et c’est finalement normal. Pensez, par exemple à l’horloge biologique qui se met à sonner chaque année passée telle Big Ben dans le cervelet féminin.
C’est un sort cruel que celui de la femme dont on se demande si le but n’est pas plus de procréer que de vivre !
En effet, la trentaine d’une jeune femme qui a déjà enfanté n’est pas forcément plus évidente à gérer.
Encore rêveuse d’une jeunesse qu’elle pense lui échapper et accaparée par sa marmaille, elle ne peut s’empêcher de remettre régulièrement son parcours de vie en question, la caboche en implosion imminente : « mais qui suis-je, où cours-je et avec qui coucherai-je ? ». Oui, parce que ça s’aggrave en général quand ladite jeune femme est casée depuis un moment.
Regardons du côté du cervelet mâle trentenaire. Ecoutons les cris torturés de sa remise en question … Chuuuuuuuuuut … Ecoutez, ça vient … « Wouah ! Va falloir que je pense à me poser, je commence à en avoir assez des allers-retours jusqu’à la buanderie de maman, y a plus beaucoup de copains dispo le week-end et « pécho » en boîte ou dans les bars me lasse … Ca pourrait être sympa une petite femme chez soi. Ok suis prêt … Ca c’est fait ».

Accusez-moi de parti pris dans ce le précédent exposé, j’assume, suis une fille.
Et je continue même dans ma lancée.

Prenez le même individu 10 ans plus tard. Il est bien installé là. Le bon job, la bonne épouse (en fait, il ne se pose plus la question depuis qu’il a signé à la mairie), les beaux enfants … Pourtant une angoisse monte, lui perturbe le sommeil et lui gâche la soirée poker du jeudi. 40 ans … Statistiquement, il est au milieu de sa vie, peut-être même déjà moins que ça !
Mais bon sang ! Qu’a-t-il fait de toutes ces années ! Ok il a bâtit, fait des affaires et peut-être même changé une facette du monde, mais non de Zeus, il ne s’est plus éclaté depuis longtemps ! Alors le lendemain il se lève, fonce chez le concessionnaire acheter la voiture des rêves de ses 15 ans. Ou part un mois pour un traking en plein désert ou regarde soudain vers cette jeune femme des rêves de ses 20 ans, moins en prédateur qu’en prétendant prétentieux.

Ne m’interrogez pas sur les affres existentielles de la femme de 40 ans.
Je m’aperçois que je ne suis plus du tout objective dans mon observation des « sexes opposés », je préfère, au passage, l’expression « sexes disposés différemment ».
Croyez pourtant, amis mâles que nul autre être n’a le pouvoir de m’attendrir autant par un défaut.

Bien, je terminerai, même si la vie est longue, par la crise des 50-60 ans ou le fameux « on s’en tape, on s’éclate ».
Homme et femme, environ à partir de 50 ans, épanouis au-delà de la prostate et de la mammographie, toutes ces crises passées commenceraient-elles à payer et enfin vous montrer le chemin de la sagesse et du vrai sens de la vie ?
Arrêter de se prendre la tête aujourd’hui par peur de moins bien vivre demain. Vivre aujourd’hui. Se poser moins de question, c’est une perte du temps et de l’énergie dont vos provisions ont baissé ces dernières années.
Un bref regard sur le passé : vos enfants font leur vie (ou pratiquement), professionnellement vous pouvez peut-être enfin arrêter de nager dans la mer de requins ou rester « tranquillou » au fond du panier de crabe, goûter au repos sur les acquis.
Physiquement, vous êtes plutôt pas mal, même mieux qu’à vos trente piges affirmeront certains. Enfin bien dans sa peau et encore prêt à relever des défis !
On retrouve son nombril et on s’aperçoit que cette fois, on a les mains libres pour s’en occuper et on ne va pas s’en priver ! Même si cela doit se faire au grand damne de vos enfants qui ne comprennent pas pourquoi vous n’êtes jamais disponibles pour baby-sitter la troisième génération et sont complètement éberlués par votre décision de séparation à l’amiable d’avec votre conjoint et de votre aventure toute récente avec la voisine, charmante divorcée rencontrée au yoga.
Parfois, vous introspectez et réalisez : « que de temps perdu ».


A chaque âge ses difficultés, ses doutes, ses colères, ses angoisses. Mais les reconnaître, y faire face, quelque soit l’issue de ce combat à la fois contre et avec soi-même, c’est vivre.
Oui c’est épuisant et oui cela peut-être très pénible de traverser une crise, mais c’est aussi le signe qu’on est en vie, en plein dedans. Parce que reposer en paix, cher tous, ce n’est plus la vie.

dimanche 19 avril 2009

Contrastes

La vie est une question de choix.
Nous sommes tous, à différents moments de nos vies, contraints de faire des choix. Et lorsque nous tentons de les ignorer, ce n’est en général que reculer pour mieux sauter, se retrouvant, assez rapidement, face à un mur d’illusions perdues.
Le problème des choix, c’est qu’il s’agit, souvent, de prendre des décisions tranchantes, définitives voire irréversibles …
Comment l’être humain, constitué de paradoxes et d’émotions conflictuelles peut-il vivre ainsi, dans le Blanc ou dans le Noir ?
Très tôt, j’ai compris que pour moi, faire des choix, serait « la tempête sous le crâne »* permanente parce que j’ai l’intime conviction que rien ne dure, que ce soit de notre propre chef ou à cause d’éléments extérieurs. Et puis on change, on évolue …
On vit cependant dans un monde de Contrat à Durée Indéterminé, professionnel, mais aussi en couple ou quand on achète sa « résidence principale », sans parler de la décision de "mettre au monde" : on signe et c’est parti pour la vie.
C’est très angoissant cette idée de carcan.
Mais comment s’épanouir entre ces bornes matérielles et morales ?
Garder l’esprit ouvert et vif. Sans cesse prendre du recul. Vivre dans l’instant. Doser le raisonnable et la fantaisie. Rester fidèle à soi-même. Ne pas se prendre trop au sérieux. Avoir des rêves mais pas d’illusion. Apprendre le détachement.
Ces quelques « préceptes » donnent le ton et les couleurs de ce que vous lirez ici.
La vie, c’est jolie avec des tas de nuances dedans, n’est-il pas ?
Les pieds sur terre mais un brin frivole, adepte des sujets graves et de la dérision, la plume acérée mais le regard tendre, toujours. Bienvenue dans les morceaux choisis d’une fille, tout en contrastes …
*Les Misérables - Victor Hugo